La Watchi-Watcha, c'est ta watch'list du dimanche.
Ton Télé 7 Jours a brûlé ? Télérama est tombé dans le bain ? Télé Z te fous les jetons ? Bref, de toute façon la télé, y a tellement de chaînes que tu ne regardes plus rien.
Dans ce cas et bien d'autres, toutes les raisons sont bonnes pour découvrir ou redécouvrir des films qui méritent le détour. Si toi aussi tu as sept jours dans ta semaine, profites- en pour découvrir sept films et parfaire ta culture ciné.
3 FEMMES de Robert Altman (1977)
Shelley Duvall n'a pas jouer que l'Olive de Popeye ou celle qui se fait courser par un taré armé d'une hâche dans Shining. Elle a également reçu le prix d'interprétation à Cannes pour ce rôle incroyable d'une érotomane larguée en plein désert californien. Menteuse, nympho, étrangement envoutante, elle est ici accompagnée d'une Sissy Spacek frappée comme un moka, obsessionnelle et sensuelle qui n'attend qu'une chose : perdre toute forme de virginité. Littéralement ensorcelant, profondément 70's, 3 femmes est à déguster Magnum en bouche. Il y fait chaud dans le désert.
L'AUTRE RIVE de David Gordon Green (2004)
Avant de nous emmerder avec ses méga-bouzes du nouveau millénaire (Délire Express, Votre majesté ou mieux encore Baby-sitter malgré lui), David Gordon Green fut un jeune réalisateur prometteur. L'Autre Rive, témoin d'un talent passé donc, est le récit terrifiant de deux jeunes frères confrontés à un oncle franchement pas sympa qui les traquera à travers l'état du Mississippi. Course-poursuite pieds nus dans les bois, gros clou rouillé, t-shirts mouillés et folie meurtrière de Josh Lucas... Gordon Green revisite La nuit du chasseur avec cette moiteur des chappelles de bord de fleuve. Un parcours initiatique qui sent bon le rite de passage et le conte pour enfants.
LES INNOCENTS de Jack Clayton (1961)
Avant les films d'horreur, il y a eu des films d'horreur, parole d'évangile. Les Innocents, petit diamant horrifique vintage est le film sans lequel Les Autres, l'Orphelinat ou tout autre pelloche impliquant grande demeure et gamins flippants n'auraient pu voir le jour. Volontairement daté, tourné en noir et blanc à une époque où les films en couleur sont en passe de devenir légion, le film situe son récit à la fin du 19ème siècle et embarque nos petites peurs vers de grosses frayeurs. Jouant avec style et finesse sur les phobies enfantines, Clayton marque au fer rouge le cinéma de genre, rend hommage à Hitchcock et se permet par la même occasion de nous foutre le trouillomètre en alerte.
L'ETE OU J'AI GRANDI de Gabriele Salvatores (2003)
Sorti en catimini au coeur de l' été 2005, L'été ou j'ai grandi (rebaptisé I'm not scared pour sa sortie DVD) est un polar d'un genre nouveau. Pas de flics, pas de voyous, pas de flingues ou de courses poursuites... ou presque. Car si les codes changent, le schéma est bien respecté. On remplace donc le gentil flic par un gamin au vélo, tiraillé par l'amour qu'il porte à ses parents et la terrifiante (je dis bien terrifiante -la "révélation" du film est à se faire dessus) découverte qu'il va faire au fond d'un trou creusé au milieu d'un champs. Enigmatique, esthétique, voluptueuse, l'oeuvre de Salvatores est un diamant brut, une oeuvre qui n'a de cesse de nous prendre à rebrousse-poils afin de créer une sémantique unique mais toutefois universelle. C'est beau, c'est très beau.
PRETE A TOUT de Gus Van Sant (1995)
Avant de nous servir des soupes lyophilisées (Psycho) et des pamphlets couleur PQ (Milk), Gus Van Sant avait du mordant et un penchant non dissimulé pour les sales garces. Et en 1995, une comédienne australienne un poil arriviste est taillée stricto sensu pour le rôle : il s'agit de Nicole Kidman. Météo-girl sans scrupule, prête à tout pour réussir dans le monde merveilleux de la télévision, le personnage de Suzanne est un monstre du cinéma, un caractère démentiel et perturbé qui ne souhaite qu'une chose : la gloire. La comédienne, fraichement débarquée de son bush océanien, balaye en un instant les mièvreries tournées les années précédentes et se fait soudainement un nom. Merci GusGus.
IRINA PALM de Sam Garbarski (2007)
Il y a dans Irina Palm ce schéma propre à la comédie sociale anglaise, à la fois décomplexée et guindée... Satire sociale ou pur mélo, comédie ou drame humain, le mélange des genres est proprement détonnant et à la fois virtuose. Entre exaltation, excitation, trouble ou inquiétude, on se laisse facilement emporté par les aventures de cette grand-mère-courage qui commence peu à peu à prendre confiance en elle et qui, sous couvert des meilleures intentions, tend à s’affirmer comme femme. Alors oui, Marianne Faithfull branle des queues jusqu'au tennis elbow mais c’est fait avec tellement d’amour, d’ironie et de justesse que la faute de goût n’est jamais au rendez vous. Un petit miracle en soit qui se prolonge tout au long du film et qui ne cesse de prendre une belle ampleur et gagner en émotion... On pouvait s’attendre, avec un scénario aussi bancal, au film le plus racoleur et provocant qui soit et c’est au final une belle gaterie.
NOUS IRONS A PARIS de Jean Boyer (1950)
Ca, c'est la petite rareté de la semaine. Comédie musicale française réunissant un parterre de stars de l'époque (Ray Ventura, Henri Salvador -32 ans-, George Raft, Martine Carol...), Nous irons à Paris est un road trip particulièrement grisant faisant la part-belle à des chansonniers clandestins rivalisant d'inventivité pour passer entre les mailles d'une police forcément peu efficace. Grosses mama black qui swinguent dans le foin, cortège funèbre souriant, morceaux de bravoures et petites phrases cultes font de ce possible navet une production d'une simplicité enivrante. Sans faire ombrage aux productions musicales américaines de la même décénnie, on ne rechigne pas à découvrir notre patrimoine musical. On y découvre par la même occasion l'origine d'un tube de l'époque...
C.LULO