#LOST TAPE. Il y a de ces films aimés de tous et oubliés au fil des années… Des petits succès populaires et critiques qui se font broyés par des cinéastes plus renommés dont l’éclat fait de l’ombre à ces œuvres parfois bouleversantes. C’est le cas de cette petite pépite réalisée en 1973 par Peter Bogdanovich : Paper Moon ou La Barbe à Papa en V.F… Une des plus belles comédies jamais réalisée sur le rapport père-fille.
Ryan O’Neal, comédien mèche en poupe des années 1970 immortalisé par Stanley Kubrick en 1975 avec Barry Lyndon, est en tête d’affiche, accompagné de sa propre gamine, Tatum O'Neal, âgée de 10 ans. Ils interprètent respectivement Moses et Addie. Le premier est un petit arnaqueur de pas de porte qui se remplit les poches en vendant des bibles aux veuves de ville en ville, la seconde est une orpheline futée qui fera tout pour rester sur la banquette avant de l’homme qui doit la ramener chez sa tante, dans le Missouri. Filmé comme une comédie des années 1930, situant son action durant la Grande Depression américaine, le film nous plonge dans un somptueux noir et blanc où la grisaille prévaut. L’enfant et le père intérimaire en road trip. Presque du Jarmusch. La gamine, clope au bec, une petite malle à souvenirs entre les mains et coupe à la garçonne devient une Bonnie redoutable, comédienne de haut vol. Moses s’éprend du gosse, bienheureux de ses aptitudes mais également de sa présence à ses côtés. Il se met à devenir papa, très doucement…
Avec une élégance folle et exploitant à merveille le lien filial entre les comédiens, Paper Moon est un digne hommage à Chaplin. Offrant de vrais beaux rôles comiques à ses comédiens dont celui de Trixie à Madeline Kahn (culte chez les fans de Mel Brooks), le rôle d’une prostituée hystérique et peu scrupuleuse, Bogdanovich s’impose en 1973 comme l’un des meilleurs cinéastes de sa génération. Paper Moon faisant suite à deux beaux succès à la fois public et critiques : The Last Picture Show et What’s up, Doc ?... Si sa carrière ne remplira pas toutes ses promesses, Bogdanovich sera parvenu le temps de quelques films à s’inscrire dans ce renouveau de la comédie américaine du début des 70’s. Avec Paper Moon, il atteint des sommets d’authenticité et d’humour dans un genre qui ne vieillit pas. A découvrir immédiatement donc.
C.Lulo